Alimentation, santé et environnement

Céréales, maïs, betterave, pomme de terre, … Saviez-vous qu’en Wallonie, la production agricole est destinée à 71% à l’alimentation des animaux en élevage, seulement 20% pour l’alimentation humaine et 9% destinée à la production d’énergie ? Saviez-vous aussi qu’avec la complémentarité des légumineuses et des légumes, nous avons largement de quoi être en forme toute l’année ? Saviez-vous aussi que manger végétal, c’est réduire de 15 à 18% les gaz à effet de serre ?

Et si l’assiette de demain se disait « saine et écologique » ? ou « forestière » ? respectant tant les besoins énergétiques des humains que les écosystèmes ?

Un rapport édifiant

« La transformation vers une alimentation saine d’ici 2050 nécessitera d’importants changements dans nos régimes alimentaires. La consommation mondiale de fruits, légumes, noix et légumineuses devra doubler et la consommation d’aliments tels que la viande rouge et le sucre devra être réduite de plus de 50%. Une alimentation riche en plantes et contenant moins d’aliments d’origine animale confère de nombreux avantages à la fois pour la santé et pour l’environnement »

C’est par ces mots que Walter Willett, Dr en médecine et Professeur d’Epidémiologie et Nutrition à Harvard (santé publique) débute le rapport de synthèse de la Commission EAT-Lancet « Alimentation – Planète – Santé« . Ce rapport croise les données scientifiques rigoureuses issues des mondes de la nutrition et de l’environnement, dans une vision globale de santé planétaire.

Ce médecin américain, dans les années 1960, a débuté les recherches sur l’impact de la nutrition sur les maladies comme le diabète. Dr. Willet a ainsi démontré que si 50% des populations vivant dans les communautés amérindiennes souffraient du diabète, ceci était principalement dû à la consommation d’aliments propices à la propagation de cette maladie (aliments issus du programme d’aide alimentaire du ministère de l’Agriculture de l’époque), et non à la sous-alimentation ou à des facteurs génétiques. En 2001, ce médecin et une équipe de chercheurs.euses ont démontré que 90% des cas de diabète de type 2 pouvaient être évités avec l’adoption de changements modérés dans le mode de vie et l’alimentation…

L’assiette dite « planétaire » 

Comment fournir à une population mondiale croissante un régime alimentaire sain fondé sur des systèmes de production durables ? Tel est le défi dans lequel se sont lancé ce Professeur Willet avec son collègue scientifique, le Pr. Johan Rockström, directeur d’un institut de recherche l’Impact sur le Climat au Pays-Bas (PIK), et Professeur de Sciences de la Terre à l’université de Potsdam. Et ce défi a donné lieu à des recommandations précises : promouvoir l’assiette dite « planétaire » composée de 50% de fruits et légumes, de céréales entières, de protéines végétales (haricots, pois, pois chiche, lentilles, fèves, …), d’huiles végétales, et – en moindre quantité – de protéines animales.

L’assiette dite « forestière »

Un autre groupe de chercheurs.euses travaillant notamment pour l’institut Michel Serre font ce même constat : la production alimentaire actuelle est néfaste pour les écosystèmes et pour la santé humaine. Cette production alimentaire toujours tournées vers une consommation excessive de viande se réserve une grande partie des productions agricoles en Belgique, tout en utilisant des techniques nécessitant des énergies fossiles. Un désastre pour la santé humaine et pour la biodiversité, et une vision très utilitariste de la nature vue comme au service de l’humain.

Ne serait-ce pas judicieux dès lors de puiser nos sources d’énergies alimentaires dans des écosystèmes moins transformés par l’humain et nécessitant moins de travail de la terre ? Samuel Bonvoisin avance alors l’idée d’une « assiette forestière », composée certes de légumineuses (fabacées), de légumes et fruits, mais également de produits issus de la forêt : noisette, noix, gland, faine, etc. Cette valorisation de fruits de la forêt permet de puiser une source d’énergie pour les humains tout en respectant l’évolution écologique des territoires (un terrain tendra à évoluer vers une forêt s’il n’y a pas d’action humaine). Puiser notre alimentation dans des milieux forestier permet aux humains de diminuer l’entretien de ces espaces ainsi que la consommation d’énergie fossile.

Pour aller plus loin :

Envie de cuisiner des noisettes ? Plantez donc des noisetiers ! 🙂

Assez résistant, le noisetier se plait au soleil et à la mi-ombre. Il peut atteindre 5 mètres de hauteur mais peut facilement se tailler à hauteur humaine. Pour favoriser la pollinisation, plantez deux arbres de variété compatible, assez proche l’un de l’autre. Entre septembre et octobre, lorsque les noisettes prennent une teinte brune et se détachent facilement, il est temps de récolter !

Alimentation, santé et environnement

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