Explorer la nature pour cultiver sa santé
Par une douce fin de journée de septembre, un petit groupe de participantes se réunit dans les locaux de la mutualité chrétienne pour vivre un atelier « explorer la nature pour cultiver sa santé ».
« Avez-vous plutôt envie d’expérimenter ou de comprendre ? » demande Anne-Claire. « Un peu des deux… » Qu’à cela ne tienne ! Après une courte introduction théorique sur les théories sous-tendant notre approche (biophilie, restauration de l’attention, régénération cérébrale, bactérie du bonheur, …), Anne-Claire propose au groupe de se rendre dans un parc urbain. Et là, l’angoisse. Le stress. Les participantes relatent leur méfiance de se rendre dans les parcs urbains : deal, exhibitionnisme, violence, … Cependant, le groupe se met en marche jusqu’au parc de l’étoile en plein centre de Namur.
Les conditions climatiques ont laissé un parc desséché et des arbres en souffrance. Plusieurs groupes de jeunes hommes sont présents autour des bancs et les participant.e.s restent groupées à l’entrée du parc. Ceci n’empêche pas de démarrer l’atelier : « En équipe, voici 5 défis ! » C’est partis pour les « défis nature » permettant de se relier à nos sens et de découvrir la diversité des odeurs, couleurs, textures, au sein du monde végétal urbain. Les participantes se prennent au jeu.
Vient ensuite un moment plus introspectif : « La proposition est de créer votre silhouette végétale et d’illustrer, par des éléments naturels, des traits de caractère et de personnalité dont vous êtes fières ». Attention, on ramasse plutôt que cueillir, et si l’on coupe, on coupe dans des espèces végétales rigoureuses comme le houx, le lierre, la vigne, le noisetier, etc. Ici aussi, les participantes se prennent au jeu : « j’ai mis en avant ma force. Je trouve que je suis une femme forte, j’ai représenté cela avec le saule qui est une plante déterminée, qui pousse facilement » ; « moi, je suis un peu perdue pour le moment, alors j’ai mis beaucoup d’essences différentes dans ma silhouette » ; « On m’a toujours dis que j’étais douée dans la médiation, alors j’ai crée une silhouette tout en rondeur et en douceur » ; etc.






De retour en intérieur, vient le moment de la clôture : « qu’avez-vous apprécié ou retenu de cet atelier ? » Et là, les ressentis sont intéressants :
« Merci de nous avoir ouvert les yeux sur la richesse de ce petit parc… Je passe d’habitude en vitesse avec mon chien et n’avais jamais remarqué la diversité des couleurs et des odeurs«
« J’avoue que je m’attendais à une balade en foret – regardez, j’avais même chaussé mes bottines de marche ! – et j’étais sceptique lorsque vous avez parlé d’un parc urbain. Mais très agréablement surprise par l’atelier ! Lorsqu’on se laisse prendre au jeu, les résultats sont surprenants! »
« Je n’aurais jamais osé aller dans ce parc seule. D’ailleurs, les parcs en ville, je n’y vais jamais. Merci de nous y avoir emmenées ! C’est chouette de redécouvrir cette nature urbaine en groupe »
Ces retours témoignent d’une part d’une conception spécifique de « la nature » : la « nature » serait un lieu dominé par le végétal. Hors la nature, c’est aussi les petites plantules, ces « vagabondes végétales » comme les nomme Natagora – Coeur de Wallonie ! Prenons soin des arbres, des plantules, des buissons urbains. Ils sont nécessaires à nos villes, en offrant abris et couvert pour la faune et la flore et sont un alliés face aux dérégulations climatiques.
Ensuite, ces retours témoignent d’un déséquilibre dans l’usage des espaces publics, notamment les espaces végétalisés, en évinçant, entre autres, les femmes de ces espaces. Bientôt des ateliers collectifs en non-mixité à la découverte des parcs publics ?

